Les droits de succession et de donation peuvent engendrer des charges considérables pour les patrimoines importants. Une planification prévoyante et l'utilisation des possibilités d'aménagement légales permettent de réduire la charge fiscale.
Table des matières
- Fondements des droits de succession et de donation
- Abattements personnels
- Taux d'imposition
- Possibilités d'aménagement
- 1. Utilisation multiple des abattements par des donations de son vivant
- 2. Implication de plusieurs personnes
- 3. Donations en chaîne
- 4. Exonération du domicile familial
- 5. Avantages pour le patrimoine professionnel
- 6. Changement de régime matrimonial (Güterstandsschaukel)
- 7. Réserve d'usufruit
- 8. Solutions fondatives
- Évaluation du patrimoine
- Obligations de déclaration
- Synthèse
Fondements des droits de succession et de donation
Le Erbschaftsteuer- und Schenkungsteuergesetz (ErbStG) impose tant les acquisitions à cause de mort (héritage, legs, réserve héréditaire) que les donations entre vifs. Les deux types de transfert sont soumis aux mêmes abattements et taux d'imposition.
Abattements personnels
Les abattements personnels dépendent du lien de parenté entre le défunt/donateur et le bénéficiaire :
| Bénéficiaire | Abattement | Classe fiscale |
|---|---|---|
| Époux/partenaire enregistré | 500 000 euros | I |
| Enfants et enfants du conjoint | 400 000 euros | I |
| Petits-enfants | 200 000 euros | I |
| Parents et grands-parents (en cas de succession) | 100 000 euros | I |
| Frères et sœurs, neveux, nièces | 20 000 euros | II |
| Personnes sans lien de parenté | 20 000 euros | III |
En outre, l'époux survivant bénéficie d'un abattement spécial de prévoyance de 256 000 euros. Des abattements de prévoyance liés à l'âge sont prévus pour les enfants (jusqu'à 52 000 euros).
Taux d'imposition
Les taux sont échelonnés selon la classe fiscale et la valeur de l'acquisition imposable :
- Classe fiscale I : 7 pour cent (jusqu'à 75 000 euros) à 30 pour cent (au-delà de 26 000 000 euros)
- Classe fiscale II : 15 pour cent à 43 pour cent
- Classe fiscale III : 30 pour cent à 50 pour cent
Possibilités d'aménagement
1. Utilisation multiple des abattements par des donations de son vivant
Les abattements personnels se renouvellent tous les dix ans (§ 14 ErbStG). Par des donations répétées, le patrimoine peut être transmis en franchise d'impôt sur des périodes plus longues.
Exemple : Un père peut donner à son enfant 400 000 euros en franchise d'impôt tous les dix ans. Sur 30 ans, 1 200 000 euros peuvent ainsi être transférés sans droits de donation. Les abattements en cas de succession restent intacts, à condition que plus de dix ans s'écoulent entre la dernière donation et le décès.
2. Implication de plusieurs personnes
En impliquant les deux parents et les grands-parents, les abattements peuvent être multipliés. De la part des deux parents combinés, un enfant peut recevoir 800 000 euros en franchise d'impôt.
3. Donations en chaîne
Dans le cadre de donations en chaîne, le patrimoine est transmis par l'intermédiaire de plusieurs personnes pour exploiter des abattements supplémentaires. La condition est que chaque acquéreur intermédiaire puisse effectivement disposer librement du patrimoine. Un simple transit peut être qualifié d'abus de droit par l'administration fiscale.
4. Exonération du domicile familial
L'acquisition du domicile familial occupé par l'époux est totalement exonérée (§ 13 Abs. 1 Nr. 4a ErbStG en cas de succession, § 13 Abs. 1 Nr. 4a ErbStG en cas de donation). En cas de succession par les enfants, l'exonération est limitée à une surface habitable de 200 mètres carrés, et l'enfant doit occuper le bien pendant au moins dix ans.
5. Avantages pour le patrimoine professionnel
Le patrimoine professionnel peut, sous certaines conditions, être exonéré à 85 pour cent (régime standard) ou à 100 pour cent (régime optionnel) des droits de succession et de donation. Les conditions sont définies aux §§ 13a, 13b ErbStG et comprennent notamment des délais de conservation et des règles relatives à la masse salariale.
6. Changement de régime matrimonial (Güterstandsschaukel)
Le passage du régime légal de la communauté d'acquêts à la séparation de biens et inversement peut offrir des avantages fiscaux. La compensation des acquêts lors de la dissolution de la communauté d'acquêts est exonérée de droits de succession et de donation (§ 5 ErbStG). Par un changement de régime matrimonial, des actifs peuvent être transférés entre époux en franchise d'impôt.
7. Réserve d'usufruit
Dans le cadre d'une donation avec réserve d'usufruit, le donateur transfère la propriété mais conserve le droit aux revenus (par ex. les loyers). L'usufruit diminue la valeur fiscale de la donation et donc la charge fiscale. Parallèlement, il assure la sécurité financière du donateur.
8. Solutions fondatives
La création d'une fondation d'utilité publique permet le transfert de patrimoine en franchise d'impôt (§ 13 Abs. 1 Nr. 16b ErbStG). De plus, la déduction des charges spéciales pour les dotations peut être utilisée.
Évaluation du patrimoine
L'évaluation fiscale suit le Bewertungsgesetz (BewG) :
- Biens immobiliers : Évaluation selon la méthode comparative, la méthode par capitalisation des revenus ou la méthode de la valeur intrinsèque
- Patrimoine professionnel : Évaluation selon la méthode simplifiée de capitalisation des revenus ou des méthodes d'évaluation individuelles
- Valeurs mobilières : Cours de bourse ou valeur de la participation
L'évaluation peut avoir un impact considérable sur la charge fiscale. Une évaluation appropriée -- en particulier pour les biens immobiliers et les entreprises -- revêt donc une importance majeure.
Obligations de déclaration
Les acquisitions à cause de mort et les donations doivent être déclarées à l'administration fiscale dans un délai de trois mois (§ 30 ErbStG). L'administration fiscale demande ensuite, le cas échéant, le dépôt d'une déclaration de droits de succession ou de donation.
Synthèse
L'exploitation des possibilités d'aménagement légales nécessite une planification à long terme et la coordination des aspects fiscaux, successoraux et sociétaires. Un conseil précoce par un conseiller fiscal et un avocat est recommandé.