L'autogestion permet aux entreprises insolvables de se restructurer sous leur propre direction. Nous expliquons les conditions, le déroulement et les facteurs clés de succès.
Table des matières
- Qu'est-ce que l'autogestion ?
- Conditions de l'autogestion
- Conditions formelles
- Conditions de fond
- Déroulement de l'autogestion
- Phase 1 : Préparation (avant le dépôt de la demande)
- Phase 2 : Procédure préliminaire
- Phase 3 : Procédure ouverte
- Phase 4 : Plan d'insolvabilité
- La procédure de bouclier protecteur comme forme particulière
- Facteurs de succès de l'autogestion
- Accompagnement professionnel
- Transparence envers les créanciers
- Maintien de l'activité opérationnelle
- Concept de restructuration viable
- Statistiques et taux de réussite
- Conclusion
Qu'est-ce que l'autogestion ?
L'autogestion (Eigenverwaltung) selon les §§ 270 ff. InsO est une forme particulière de procédure d'insolvabilité dans laquelle l'entreprise est restructurée sous la direction de sa gestion existante. Contrairement à la procédure d'insolvabilité standard, aucun administrateur judiciaire n'est nommé pour reprendre la direction. Au lieu de cela, un commissaire à l'exécution (Sachwalter) surveille la gestion.
Conditions de l'autogestion
Conditions formelles
- Demande : Le débiteur doit déposer une demande d'autogestion conjointement avec la demande d'ouverture de la procédure d'insolvabilité (§ 270a InsO)
- Plan d'autogestion : La demande doit être accompagnée d'un plan d'autogestion comprenant un plan financier sur six mois, un concept de restructuration et un état des négociations avec les créanciers
Conditions de fond
Le tribunal ordonne l'autogestion si aucune circonstance n'est connue laissant présager que cette mesure serait préjudiciable aux créanciers (§ 270 Abs. 1 InsO). L'autogestion serait notamment préjudiciable en cas de :
- Comptabilité insuffisante ou gestion déficiente par le passé
- Infractions pénales au détriment des créanciers
- Absence de concept de restructuration
- Manque de coopération avec les créanciers
Déroulement de l'autogestion
Phase 1 : Préparation (avant le dépôt de la demande)
Une préparation rigoureuse est la clé du succès. Elle comprend :
- L'élaboration du plan d'autogestion
- La sélection et le mandat de conseillers en restructuration expérimentés
- Des entretiens préalables avec le tribunal d'insolvabilité compétent
- La sécurisation de la liquidité pour la phase de démarrage
- L'information et l'implication des principaux créanciers
Phase 2 : Procédure préliminaire
Après le dépôt de la demande, le tribunal examine les conditions et nomme un commissaire provisoire. La direction reste en fonction mais est soumise à la surveillance du commissaire. Durant cette phase, les salaires des employés doivent notamment être sécurisés par le biais de l'allocation d'insolvabilité (Insolvenzgeld).
Phase 3 : Procédure ouverte
Avec l'ouverture formelle de la procédure d'insolvabilité en autogestion commence la phase de restructuration proprement dite. La direction poursuit les activités opérationnelles, négocie avec les créanciers et élabore un plan d'insolvabilité. Le commissaire surveille la gestion et dispose d'un droit d'approbation pour certaines opérations.
Phase 4 : Plan d'insolvabilité
L'objectif habituel de l'autogestion est la restructuration au moyen d'un plan d'insolvabilité. Ce plan détermine les modalités de désintéressement des créanciers et les conditions de poursuite de l'activité. Le plan doit être approuvé par les créanciers et confirmé par le tribunal.
La procédure de bouclier protecteur comme forme particulière
La procédure de bouclier protecteur (Schutzschirmverfahren) selon le § 270d InsO est une forme privilégiée d'autogestion réservée aux entreprises qui ne sont que menacées d'insolvabilité ou en situation de surendettement. Ses avantages :
- La direction dispose de trois mois pour élaborer un plan de restructuration
- Le commissaire provisoire ne peut être nommé contre la volonté du débiteur
- Le débiteur peut proposer le commissaire provisoire
- Une attestation d'un conseiller fiscal, d'un auditeur ou d'un avocat confirmant la capacité de restructuration est requise
Facteurs de succès de l'autogestion
Accompagnement professionnel
L'autogestion nécessite une équipe de conseillers expérimentés : consultants en restructuration pour la restructuration opérationnelle, avocats en droit de l'insolvabilité pour les questions procédurales et conseillers fiscaux pour les aspects fiscaux.
Transparence envers les créanciers
Une communication ouverte avec les créanciers instaure la confiance et constitue un préalable à l'approbation du plan d'insolvabilité. Un reporting régulier et l'implication du comité des créanciers sont essentiels.
Maintien de l'activité opérationnelle
La poursuite de l'exploitation requiert la stabilisation des chaînes d'approvisionnement, la fidélisation des collaborateurs clés et le maintien des relations clients.
Concept de restructuration viable
Un concept de restructuration réaliste, soutenu par les principales parties prenantes, constitue le fondement du plan d'insolvabilité. Il doit s'attaquer aux causes de la crise et démontrer une amélioration durable de la position concurrentielle.
Statistiques et taux de réussite
L'autogestion s'est imposée comme un outil de restructuration. Les taux de réussite sont nettement supérieurs à ceux de la procédure d'insolvabilité standard. Les études montrent que les entreprises restructurées en autogestion présentent un taux de survie plus élevé et préservent davantage d'emplois.
Conclusion
L'autogestion offre aux entreprises insolvables la possibilité de se restructurer sous leur propre direction. Les conditions préalables sont une préparation rigoureuse, un concept de restructuration viable et l'accompagnement de conseillers expérimentés. Correctement mise en œuvre, l'autogestion est un instrument puissant pour le sauvetage des entreprises en difficulté.