Le choix entre un share deal et un asset deal a des conséquences fiscales considérables pour l'acheteur et le vendeur. Nous expliquons les différences, analysons les § 8b KStG et § 16 EStG et fournissons des critères de décision pratiques.
Table des matières
- Structuration fiscale des cessions d'entreprise -- Share Deal vs. Asset Deal
- Principes fondamentaux : comparaison du share deal et de l'asset deal
- Le share deal
- L'asset deal
- Conséquences fiscales pour le vendeur
- Share deal : cession de parts
- Asset deal : cession d'actifs individuels
- Conséquences fiscales pour l'acquéreur
- Share deal : potentiel d'amortissement limité
- Asset deal : step-up des valeurs comptables
- Les droits de mutation immobilière comme facteur décisif
- Asset deal
- Share deal et § 1, al. 2a/2b GrEStG
- Matrice de décision pratique
- Share deal à privilégier lorsque :
- Asset deal à privilégier lorsque :
- Conclusion
Structuration fiscale des cessions d'entreprise -- Share Deal vs. Asset Deal
La vente ou l'acquisition d'une entreprise constitue l'une des transactions les plus complexes de la vie économique. Outre les questions de droit des sociétés, de droit du travail et de responsabilité, la structuration fiscale occupe une place centrale dans les réflexions. Le choix fondamental est le suivant : share deal ou asset deal ? Cette décision influence de manière déterminante la charge fiscale de toutes les parties et peut représenter des différences de plusieurs millions d'euros.
Principes fondamentaux : comparaison du share deal et de l'asset deal
Le share deal
Dans un share deal, l'acquéreur achète les parts de la société (par exemple, parts de GmbH, actions). L'entreprise en tant que personne morale subsiste sans changement. L'acquéreur entre dans la position d'associé et reprend ainsi également l'ensemble des dettes et des risques de la société.
L'asset deal
Dans un asset deal, en revanche, ce sont les actifs individuels de l'entreprise qui sont transférés : machines, stocks, créances, contrats, droits de marque et, le cas échéant, biens immobiliers. Le vendeur subsiste en tant que personne morale ; l'acquéreur construit une entreprise nouvelle ou élargie avec les actifs acquis.
Conséquences fiscales pour le vendeur
Share deal : cession de parts
Le traitement fiscal dépend de manière déterminante de la qualité du vendeur :
Société de capitaux comme vendeur (§ 8b KStG) : Lorsqu'une société de capitaux cède des parts dans une autre société de capitaux, les plus-values de cession sont exonérées à 95 pour cent en vertu du § 8b, al. 2 KStG. Seuls 5 pour cent sont considérés comme des charges d'exploitation non déductibles et soumis à l'impôt sur les sociétés et à la taxe professionnelle. Cela rend le share deal particulièrement attractif du point de vue du vendeur dans les structures de groupe.
Personne physique comme vendeur (§ 17 EStG) : Lorsqu'une personne physique détient une participation d'au moins 1 pour cent dans une société de capitaux, la plus-value de cession est imposable en vertu du § 17 EStG. La méthode des revenus partiels s'applique : 60 pour cent du gain sont imposables, 40 pour cent sont exonérés. Avec une participation significative, le taux d'imposition effectif, y compris la contribution de solidarité et l'impôt ecclésiastique, peut néanmoins être considérable.
Participation inférieure à 1 pour cent : Pour les participations inférieures à 1 pour cent, le prélèvement forfaitaire libératoire de 25 pour cent s'applique, majoré de la contribution de solidarité et, le cas échéant, de l'impôt ecclésiastique (§ 32d EStG).
Asset deal : cession d'actifs individuels
Entreprises individuelles et sociétés de personnes (§ 16 EStG) : Lors de la vente d'une entreprise entière ou d'une branche d'activité par une entreprise individuelle ou une société de personnes, le § 16 EStG s'applique. La plus-value bénéficie d'une imposition réduite : un abattement de 45 000 euros (qui diminue pour les gains dépassant 136 000 euros) et la règle du cinquième selon le § 34 EStG sont disponibles.
Sociétés de capitaux : Lorsqu'une société de capitaux cède des actifs individuels, les réserves latentes sont soumises à l'impôt sur les sociétés et à la taxe professionnelle au taux normal. Une exonération comparable à celle du share deal selon le § 8b KStG n'existe pas dans ce cas.
Conséquences fiscales pour l'acquéreur
Share deal : potentiel d'amortissement limité
L'inconvénient central du share deal du point de vue de l'acquéreur est que le coût d'acquisition des parts ne peut être réparti sur les actifs individuels et amorti. Les valeurs comptables des actifs dans la société restent inchangées. L'acquéreur peut uniquement identifier un éventuel goodwill dans le cadre d'une allocation du prix d'acquisition, mais celui-ci n'est en principe pas amortissable fiscalement dans un share deal.
Asset deal : step-up des valeurs comptables
Dans un asset deal, en revanche, l'acquéreur peut répartir le coût d'acquisition sur les actifs individuels (la purchase price allocation). Cela conduit à un step-up des valeurs comptables et permet des amortissements considérables :
- Immobilisations corporelles : amortissement sur la durée d'utilisation
- Immobilisations incorporelles : amortissement, par exemple clientèle sur 15 ans, marques sur 10 ans
- Goodwill : amortissement fiscal sur 15 ans (§ 7, al. 1, phrase 3 EStG)
Cet avantage en matière d'amortissement réduit la charge fiscale effective de l'acquéreur pendant des années et augmente significativement le cash-flow après impôts.
Les droits de mutation immobilière comme facteur décisif
Asset deal
Dans un asset deal, les droits de mutation immobilière sont exigibles lors du transfert de biens immobiliers. Le taux varie entre 3,5 et 6,5 pour cent de la fraction du prix d'acquisition attribuable aux biens immobiliers, selon le Land.
Share deal et § 1, al. 2a/2b GrEStG
Dans les share deals, les droits de mutation étaient traditionnellement évités par certains montages. Le législateur a cependant considérablement durci les règles avec la révision du § 1, al. 2a et 2b GrEStG au 1er juillet 2021 :
- § 1, al. 2b GrEStG : pour les sociétés de capitaux, les droits de mutation sont déclenchés lorsqu'au moins 90 pour cent des parts changent directement ou indirectement dans un délai de dix ans
- Les structures RETT-Blocker sont ainsi devenues largement inefficaces
Pour les sociétés à fort patrimoine immobilier, les droits de mutation peuvent donc constituer un facteur décisif contre le share deal.
Matrice de décision pratique
La structure de transaction optimale résulte d'une analyse globale des intérêts des deux parties :
Share deal à privilégier lorsque :
- Le vendeur est une société de capitaux (exonération à 95 % selon le § 8b KStG)
- La société ne détient pas de biens immobiliers significatifs
- L'acquéreur souhaite reprendre les contrats et autorisations existants
- Une exécution rapide est souhaitée
- La continuité en droit du travail doit être assurée
Asset deal à privilégier lorsque :
- L'acquéreur souhaite exploiter le potentiel d'amortissement (step-up)
- Les dettes anciennes et les risques ne doivent pas être repris
- Le vendeur est une entreprise individuelle et peut utiliser l'abattement du § 16 EStG
- Seules certaines parties de l'entreprise doivent être acquises (cherry picking)
- Une réorganisation des actifs est souhaitée
Conclusion
Le choix entre share deal et asset deal n'est pas une question purement fiscale, mais exige une analyse globale de tous les aspects juridiques, économiques et stratégiques. Les différences fiscales peuvent cependant être si considérables qu'elles influencent de manière déterminante la rentabilité globale de la transaction. Un conseil précoce et interdisciplinaire -- idéalement dès la phase de structuration de la transaction -- est donc indispensable.
Chez compleneo, nous réunissons les compétences en droit fiscal et en droit des sociétés sous un même toit. Nous accompagnons les cessions d'entreprise depuis la première idée de structuration jusqu'au closing et veillons à ce que la forme de transaction choisie soit fiscalement optimale tant pour l'acquéreur que pour le vendeur.